Conférence défense et diplomatie

Association les Ambassadeurs de la Jeunesse

L'association "les Ambassadeurs de la Jeunesse" s'est intéressée à la défense nationale, européenne et internationale ainsi qu'à la diplomatie, proposant alors une conférence sur leurs rapports, dont l'invité d'honneur fût monsieur Arnaud Danjean, député européen spécialiste des questions de défense.

Rapport sommaire sur la conférence Défense & Diplomatie

Avec 70 personnes présentes, la conférence a rencontré un franc succès et nous remercions l'ensemble des participants.


Intervenants :
  • Alexandre Negrus : président de l’association.
  • Dorian Jeanjacquot : co-président de l’association.
  • Arnaud Danjean : député européen spécialiste des questions de défense.


Sources des recherches :
  • ministère des Affaires étrangères.
  • ministère de l’Intérieur.
  • analystes et grands spécialistes des questions de la défense.



Description de l’association

Dans un esprit purement collectif, l’association regroupe des jeunes ambitieux, travaillant toute l’année sur des sujets d’actualité et des enjeux des relations internationales.


"Le devoir de notre génération est d’aimer notre pays mais aussi savoir aimer et dialoguer avec les autres, c’est le principe même de la diplomatie."

-> vocation : développer les rapports diplomatiques de la jeunesse dans le Monde.


-> structure : répartition en plusieurs commissions de travail, avec pour mot d’ordre la minutie.


-> rythme : travail chaque mois sur un thème précis avec un pays précis.


-> concrétisation du travail :

  • actions auprès des institutions nationales, internationales ou européennes.
  • conférences, réunions, missions diplomatiques, séminaires…
  • rencontres à l’étranger.

-> qualités : grande marge de manoeuvre, dynamisme et volonté.


-> objectif : rendre accessible et compréhensible la diplomatie, afin de favoriser l’expansion de la paix et du dialogue entre les pays.


-> rayonnement extérieur : représentants dans 30 pays et adhérents sur l’ensemble du Globe.


-> quelques projets :

  • intervention dans les lycées français pour sensibiliser les jeunes aux questions diplomatiques.
  • mise en place d’une plate-forme sur le site internet pour soutenir les échanges culturels.
  • organisation du « Marathon pour la diplomatie », où chacun pourra courir et supporter son pays.
  • partenariat avec les « Etats généraux de la jeunesse », afin de réfléchir à un projet diplomatique pour les jeunes.


"Association axée sur la jeunesse, mais nous voulons un monde meilleur pour tous."

Les aspects économiques de la défense française et européenne et leur influence sur la diplomatie

Les enjeux géostratégiques et géopolitiques sont porteurs de conflits, et pourtant, les échanges économiques, les ambitions de chaque pays doivent être traités selon un processus clair et précis, qui consiste à ne pas oublier notre passé. L’Histoire est une action qui doit dépasser l’individu et qui doit intéresser la collectivité mondiale. Il ne s’agit pas du salut d’un homme, mais du salut des Etats. La discipline est de rigueur puisque rien ne peut être obtenu dans le désordre.



"Soyons grands dans nos paroles mais soyons encore plus grands dans nos actions."

-> Mettre l’accent sur le renseignement :

Les questions de défense sont essentielles aujourd’hui. A écarter la psychose, la simple interprétation médiatique et la manipulation. Il faut laisser les autorités compétentes travailler pour notre sécurité. Pour vaincre la barbarie, il est plus que nécessaire de laisser nos services de renseignements faire leur travail et d’arrêter d’empiéter médiatiquement leur action.


Aussi, il faut doter les services de renseignements des moyens nécessaires. Le problème de la communication est qu’elle entretient une éternelle illusion. Finalement, les relations internationales, c’est comme des relations privées entre deux individus : si vous voulez que ça marche, il faut qu’il y ait un socle solide qui s’appelle la confiance. Il faut mettre fin à cette sur-médiatisation sur les questions terroristes et faire confiance à nos services.


-> Evolution du paradigme de vision :

Dans une mutation de la communauté internationale et d’évolutions géopolitiques, il faut s’intéresser à notre passé. Dans les années 80, la situation géopolitique consistait à entretenir la peur du bloc soviétique. En 2016, on entretient la peur du terrorisme. Seulement, la situation aujourd’hui est plus complexe que ce que fut le bloc soviétique et l’après chute du Mur de Berlin.



Différences majeures :
  • démographique : transition démographique du monde arabe n’est pas du tout achevée, ce qui, à l’époque, était chose faite pour l’empire soviétique. Dans cette zone du Monde, il se trouve que la jeunesse représente les 2/3 de la population.
  • 1990 : disparition du communisme et de l’idéologie marxiste pour laisser la place à une évolution de la démocratie sur le plan européen.

Ainsi, l’enjeu réside dans l’accroissement de la diplomatie avec les pays du Sud. Avoir l’ambition de se développer, de s’enrichir, de devenir une grande Nation, d’être en concurrence avec les autres sont des éléments importants. C’est ce qui fait la grandeur d’un pays, mais par la voie diplomatique, c’est toujours mieux.


-> Lucidité face au terrorisme :

Ne laissons pas la place à l’émotion puisque c’est le moteur de nos ennemis, qui en profite pour nous frapper à des intervalles très programmés.



Comment lutter contre le terrorisme ? :
  • meilleure compréhension de la situation par la population.
  • pressions extérieures du pays doivent être contenues, laissant les personnes compétentes mener ce combat.


"La question n’est pas de s’habituer aux attentats, mais de s’y préparer."

Au fil des conflits dans le Monde, l’Union européenne (UE) a dû s’adapter dans ses mesures et dans ses moyens, tant militaires que stratégiques.


-> point faible : prise de décision parfois trop lente, avec des difficultés pour entendre une voix concordante au sein de l’UE.

-> point fort : adoption de mesures importantes comme, d’un point de vue économique, la mutualisation des coûts de l’armement militaire permettant la création de « l’Agence européenne de défense » (traité de Lisbonne).


Cette Europe de la défense reste une entité récente, les multiples Etats qui la composent venant aussi accroître la difficulté, notamment pour la prise de position. De plus, il est normal que chaque pays possède sa tradition militaire.


L’Europe, en ce qui concerne la sécurité, ne doit pas subir un déclassement à l’échelon international, devant être une priorité pour les autres continents. Par ailleurs, la contrainte budgétaire nous pousse à agir ensemble au sein de l’Europe, pesant sur tous. Avec les traités européens actuels, on ne peut pas dire que l’Europe a un grand nombre de compétences en matière de renseignement, et cette responsabilité pèse donc sur les Etats membres, les services échangeant leurs informations. C’est sur la coordination par rapport au renseignement qu’il faut mettre l’accent.


-> Lutte efficace ? :

La responsabilité incombe aux Etats membres, mais là où se trouve le rôle de l’Europe, c’est dans l’harmonisation :

  • coordination très étroite pour avoir un cercle sûr.
  • moyens nécessaires pour les renseignements nationaux (système où chaque Etat est interconnecté, notamment sur la question des fichiers).

Economiquement, un poids pèse sur les Etats membres. Le défi repose sur les moyens économiques qu’il faut mettre en place pour lutter efficacement contre l’insécurité qui nous touche. Les moyens humains et matériels nécessitent un investissement économique. La diplomatie joue alors tout son rôle dans les rapports inter-étatiques, dans les rapports d’échange de l’information.


L’Europe de la défense est caractérisée par la diversité qui découle de la nature même de l’UE et aux différences d’ambitions entre les membres (se traduit par une inégalité dans les efforts accomplis et les moyens dont ils disposent). La sécurité nationale reste la préoccupation de chaque Etat membre. Il n’y a pas de budget européen de défense mais 28 budgets de défense particuliers.


-> « L’armée européenne » :

Il s’agit d’un projet irréaliste si on se place sur le terrain de la diplomatie. Les négociations refléteraient une perte de temps considérable et freineraient les priorités actuelles. Nous ne pouvons pas négocier un tel système, la diversité caractérisant la défense européenne sur les plans :

  • budgétaire.
  • des capacités industrielles.
  • militaire/stratégique.

Forces et faiblesses de notre appareil de défense


"La diplomatie ne consiste pas à projeter ses propres certitudes sur les autres."

-> Où en sommes-nous en France sur les questions de défense ? :


Deux écueils à éviter :
  • puissance militaire moyenne au niveau mondial et complète donc il ne faut pas dire que nous sommes pour autant les meilleurs.
  • à l’opposé, dire que tout est en déclin, que ce soit en matière de résultats ou de moyens.


Difficultés actuelles :
  • usure forte et rapide des équipements.
  • coût élevé du maintien en condition opérationnel des équipements.
  • baisse des effectifs.

-> Qualités :


  • appareil de défense actuel reste compétitif dans le sens où la France est le seul pays européen et de sa taille à disposer de tous les instruments militairement parlant, et à avoir une relative autonomie sur l’usage de ceux-ci (pas totalement dans le renseignement et la logistique).
  • industrie performante.
  • armée performante.

-> Versant négatif :


  • budget de la défense est en baisse constante (manque environ chaque année 3 milliards d’euros pour satisfaire les contrats opérationnels). La loi de programmation militaire (2012-2013) avait d’ailleurs pour objectif de baisser des crédits pour obtenir des recettes exceptionnelles (et ainsi compenser le manque budgétaire), mais elles ne sont pas intervenues.
  • qu’est-ce qu’on fait faire à nos militaires ? :

. opération BARKHANE (zone du Sahel-Sahara) : engagement durable sur le terrain en opération extérieure, ce qui pèse sur nos équipements, nos ressources et nos budgets.

. opération CHAMMAL (zone du Proche-Orient) : bombardements aériens ne représentant que 4% des frappes, pendant que les Américains agissent avec des moyens bien plus considérables que les nôtres.

. opération SENTINELLE (territoire français) : 11 000 militaires en faction (statique ou mobile) devant des lieux publics et/ou sensibles, principalement pour rassurer la population mais l’utilité même de la présence de soldats est discutable (cette simple présence peut être un « aimant », attirant les attaques, et l’armée est tournée par nature au champ extérieur).


Avec ces opérations, le budget de l’armée n’est pas augmenté pour autant, ce qui provoque une sur-sollicitation des soldats (épuisement psychologique, séparation des familles…).

Si on commence à faire de notre militaire un « palliatif » pour toutes nos lacunes, on leur fait accomplir des choses pour lesquelles ils ne sont pas fait.


-> Sur la question du service militaire :

L’armée n’est pas pensée pour remplacer l’éducation nationale. Même si elle peut forger aux valeurs, cela ne peut pas se substituer à l’éducation qui doit être dispensée dans le cercle familial et dans les écoles. Ce n’est pas le rôle de l’armée, n’étant qu’un « plus » dans cette volonté de socialiser et d’éduquer. Elle a pour objectif de se préparer à la défense du pays.


Ces questions vont être délicates à intégrer dans le débat public, celui-ci étant dans une phase extrêmement émotionnelle quant à la sécurité. D’ailleurs, l’environnement médiatique qui nous entoure ne prépare pas forcément à la sérénité dans ce débat, avec un danger de la superficialité du débat (polémique, unanimisme…).


Tout cela s’inscrit dans un environnement d’alliances et de partenariats. Dans la volonté de mutualiser et d’agir collectivement face aux mêmes défis mais avec plus ou moins d’intensité, l’Europe de la défense est apparue d’une idée largement française, relancée à la fin des années 90 (accords de St-Malo) après les drames de l’ex-yougoslavie, où l’Europe n’a pas été capable de faire revenir l’ordre sur son territoire sans l’intervention des Américains et de l’OTAN.


Aujourd’hui, ce système est complètement à l’arrêt car :

  • entre Européens, nous ne parvenons pas à nous fixer des priorités stratégiques communes.
  • la plupart des pays européens ont un petit appareil de défense, ces derniers se remettant aux Américains pour combler leur manque (phénomène de « délégation de défense aux Américains »).
  • nécessité d’avoir des leaders en Europe pour faire les choses (s’exprimant par la performance économique).


"Nous progressons dans la perception commune mais cela va prendre du temps."



Pour voir la conférence intégralement