Qu'est-ce qu'une ERIS ?

Renforcer le dispositif local, organiser des fouilles ou encore rétablir l’ordre, les équipes régionales d’intervention et de sécurité (ERIS) sont sur tous les fronts en milieu carcéral. En tant que véritable composante du personnel pénitentiaire global, elles ont constitué une grande innovation pour le ministère de la Justice.

Qu'est-ce qu'une ERIS ?

Suite à des tentatives d’évasions et de mutineries particulièrement violentes survenues dans plusieurs maisons d’arrêt en 2002 (comme Clairvaux et Moulins), une circulaire du 27 février 2003 crée les équipes régionales d'intervention et de sécurité (ERIS), appartenant au ministère de la Justice et spécialement formées pour ce type de situation, pouvant intervenir en milieu carcéral pour rétablir l'ordre en toutes circonstances.

En milieu fermé, comme dans les établissements pénitentiaires, le moindre événement sortant de l’ordinaire et des règles établies peut vite prendre une ampleur démesurée et créer des tensions ingérables, or les personnels locaux, ayant de facto établi une relation de proximité avec les détenus, n’incarnent plus la force adéquate pour intervenir.

C’est l’une des raisons ayant conduit à la création de ces ERIS en France. Opérationnelles depuis novembre 2003, chaque équipe compte entre 35 et 70 personnels, dont plusieurs gradés et officiers. D’ici les recrutements de 2016, le nombre de personnels devrait s’élever à environ 450.




Implantation

Au niveau régional, l’administration pénitentiaire comprend neuf directions inter-régionales contrôlant et coordonnant l’activité des services d’insertion et de probation ainsi que les établissements pénitentiaires placés sous leur autorité.


Ainsi, il existe neuf ERIS (pour chaque direction inter-régionale) :

  • Bordeaux.
  • Dijon.
  • Lille.
  • Lyon.
  • Marseille.
  • Paris.
  • Rennes.
  • Strasbourg.
  • Toulouse.

Recrutement

Les ERIS sont sélectionnées parmi les personnels de surveillance et d’encadrement de l’administration pénitentiaire à partir d’épreuves sportives et d’une présentation devant un jury, se déroulant à Paris et composé d’un psychologue.



Epreuves sportives :
  • course (5000 mètres).
  • passage d'une buse (40 cm de diamètre sur 5 mètres de long).
  • test d’endurance (en 10 mn, il faut faire le maximum d’aller-retour entre 2 plots espacés de 20 mètres avec un sac à dos de 30 kg).
  • montée de corde chronométré (2x 5 mètres).
  • descente en rappel (15 mètres).
  • tests de personnalité.

Formation

La formation se décompose en trois phases, réparties entre différentes institutions des forces de sécurité intérieure.


1/ L’école nationale d’administration pénitentiaire (ENAP)
  • apprentissage de l’armement, du matériel et des équipements.
  • maîtrise des techniques d’intervention.
  • exercices de gestion de stress.


2/ Le groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN)
  • rétablissement + maintien de l’ordre.
  • commandement + cohésion dans l’équipe.


3/ La direction d’affectation
  • apprentissage des caractéristiques des établissements sous cette direction régionale.
  • reprise et finalisation des modules précédents.


Ecussons des neuf ERIS avec les trois écussons des moniteurs et l'écusson des instructeurs.

Missions

Les ERIS n’ont pas pour rôle de se substituer aux forces d'intervention de la police et de la gendarmerie, mais davantage d’endiguer la situation pour éviter tout débordement supplémentaire. Leur collaboration avec le GIGN durant leur formation a précisément servi à connaître les besoins des groupes d’intervention de la police et de la gendarmerie au moment où ils arrivent sur les lieux (renseignements sur les plans, point sur la situation actuelle…).


Principaux objectifs :
  • rétablissement et maintien de l’ordre en cas de mouvements collectifs ou individuels de personnes détenues.
  • organisation de fouilles générales ou sectorielles en assurant la sécurité globale de l’opération.
  • dissuasion et prévention des mouvements lorsque les détentions sont fragilisées soit à la suite d’un mouvement collectif, soit par l’affaiblissement momentané du dispositif de sécurité.
  • transfert administratif des personnes détenues signalées violentes ou sensibles.
  • formation des personnels exerçant en établissement pénitentiaire.

Modalités d’intervention

La décision selon laquelle les personnels ERIS doivent intervenir dans telle ou telle situation dépend de la durée de son engagement. En effet, elle appartient aux directions inter-régionales pour les missions d’une durée n’excédant pas trois jours, mais au delà de ce délai, c’est à la section centrale des ERIS de choisir s’il est nécessaire de les mobiliser. Elle décide aussi en cas de participation commune de plusieurs ERIS.

Les ERIS sont mobilisables en moins d'une demi-heure et ne mettront jamais plus de deux heures à intervenir dans les coursives. Afin d’être toujours plus efficaces, les personnels suivent de nombreux entraînements et connaissent de fond en comble le moindre recoin des prisons où elles interviennent en étudiant régulièrement les plans (appelés « dossiers d’objectifs »).


Préparations quotidiennes


Entrainements

Les ERIS s’entraînent très régulièrement afin d’améliorer la gestion de situations à risques dans les prisons. Ainsi, la simulation de scénarios de missions occupe leur quotidien, variant par exemple les types d’obstacles que les personnels peuvent rencontrer dans les coursives ou l’attitude du détenu récalcitrant.

Les confrontations sont alors multiples, toujours dans le but de parer à toutes les éventualités une fois en intervention.

Les entrainements s’articulent alors entre essais de nouveaux modes opératoires et remise en condition de situations déjà vécues pour les analyser et les corriger.




Exemple de mode opératoire
Exercice : entrée sur cour de promenade suite à un refus de réintégrer de la part du détenu.
Mise en place : déploiement spécifique appelé le « BAF », traduisant un alignement de personnes équipées de boucliers, de Tonfa (= type de matraque) et d’armes non létales.
Procédures :
  • 1ère phase : analyse de la part du premier bouclier, qui va rendre compte de toutes les informations qu’ils peuvent voir dans la cour de promenade et qui va permettre une articulation de toute l’équipe qui est à l’arrière.
  • 2ème phase : entrée en fonction de la structure de la cour de promenade en duo (bouclier + « voltigeur », celui équipé soit d’une arme ou d’un Tonfa). Derrière cette mise en place, il y a les chefs qui disposent l’alignement correctement et qui permettent de resserrer et de faire avancer.

Les unités cynophiles

Chaque ERIS peut comprendre lors d’intervention une unité cyno-technique. Le centre national de formation des unités canines de la police nationale (CNFUC) à Cannes-Ecluses contribue à constituer les équipes et assure leur formation initiale.



Dates de création :
  • 2006 : Fresnes.
  • 2011 : Toulouse.
  • 2015 : Lyon.
  • 2016 : Rennes.

Comptant environ une trentaine d’effectifs et une vingtaine de chiens, ces équipes sont formées dans la recherche d'explosifs, d'armes/munitions et de stupéfiants en détention.