Les gestes qui sauvent

Ayant participé à une sensibilisation aux gestes de premiers secours réalisée par les Pompiers de Paris, je vous rapporte dans cet article son contenu. Cependant, rien ne peut remplacer une réelle formation auprès d'organismes spécifiques ! La maitrise succède à la connaissance, et j'espère ainsi vous donnez l'envie de vous former. Sauver une vie n'est pas anodin, mais c'est accessible !

Les gestes qui sauvent

J'ai effectué une séance de sensibilisation aux gestes de premiers secours auprès de la Brigade des Sapeurs-Pompiers de Paris (BSPP). Ce programme a été mis en place conjointement pas le ministre de l'Intérieur, la préfecture de police de Paris, la mairie de Paris, et bien sûr les Pompiers de Paris. Une séance dure environ 2 heures, pendant laquelle nous découvrons (pour les personnes n'ayant pas réalisé auparavant une formation de premiers secours comme le PSC1...) les gestes de base du secours à la personne.

Ces séances ont pour objectif de sensibiliser les participants à diverses techniques simples, notamment pour avoir une réaction mesurée et efficace dans le triste cadre d'un attentat. Bien entendu, les gestes étudiés sont tout à fait applicables à des situations plus "classiques", comme le fait de secourir une personne inconsciente ou s'étant coupée.

C'est ainsi que nous avons retracé les méthodes pour alerter correctement les secours, mettre en position d'attente un individu suivant les blessures ou traumatismes présentés, réaliser un garrot pour stopper une hémorragie, faire un massage cardiaque et utiliser un défibrillateur en cas d'arrêt cardiaque.

La séance se conclut par l'intervention de la police nationale, nous rappelant les différences de situations et de régimes suivant le niveau d'alerte. Les plans Vigipirate vigilance et Vigipirate alerte attentat suivent quasiment les mêmes règles de contrôles opérés sur les individus, l'état d'urgence permettant d'étendre sur la durée la possibilité de recourir à ces contrôles. Il est donc recommandé d'être attentif dans les espaces publics, que ce soit dans les rues ou les commerces, afin de signaler en cas de doute sérieux les forces de l'ordre de tout comportement ou objet suspect. Cependant, la "vigilance ne doit pas céder à la paranoïa" ! Il suffit d'ouvrir l'oeil sur le monde qui nous entoure, tout en poursuivant sa vie quotidienne.



Effectuer les points développés ci-après permet, dans une situation de crise où de multiples victimes sont à compter, de pallier à l'aggravation de leur état de santé avant leur prise en charge par des professionnels. A noter que dans ces circonstances, il est important d'opérer à ce que j'appelle une "hiérarchie des priorités", c'est-à-dire d'évaluer très rapidement les victimes nécessitant de soins en priorité et de ne pas s'attarder sur d'autres dont l'état de santé n'engage pas leur pronostic vital.


Alerter

Lorsque l'on est témoin d'une situation nécessitant l'intervention de secouristes ou des forces de l'ordre, il faut les alerter immédiatement. Mais quel numéro appeler et que dire ? Afin d'assurer la rapidité et l'efficacité de ces services, il est primordial de connaitre par avance les numéros d'urgence appropriés et la marche à suivre.


Numéros d'urgence :
  • 15 : le SAMU -> pour les problèmes médicaux urgents.
  • 17 : les forces de l'ordre -> dès que la situation présente un trouble pour l’ordre public (intervention de la gendarmerie ou de la police nationale).
  • 18 : les pompiers -> pour le besoin de secours non médicaux (ex : en cas d’accident de la circulation, incendie...).
  • 112 : le numéro d’appel unique des services de secours -> votre appel est dirigé automatiquement vers un des services de secours du département adapté (ce numéro est principalement destiné aux étrangers en déplacement en France, ou aux Français à l’étranger). Néanmoins, il est préférable sur le territoire nationale de composer le 15, le 17 ou le 18 en fonction de la situation.

Est-ce grave si je me trompe de numéro ?

Absolument pas puisque les trois services d’urgence (15, 17 et 18) travaillent en étroite collaboration et l'opérateur dirigera les informations au service adapté.


Eléments à donner à l'opérateur :
  • nom + numéro de téléphone (pour vous identifier et vous rappeler en cas de difficulté).
  • localisation exacte du problème (en indiquant l'accès précis, avec code, numéro, étage...).
  • nature du problème (description de ce qui s'est passé et de la situation actuelle).
  • nombre approximatif et état des victimes (s'il y a beaucoup de victimes, la tranche d'âge, le type de blessure...).
  • attendre qu'on nous dise de raccrocher (ne jamais raccrocher sans autorisation !).

Positions d'attente

Quand vous êtes face à la victime, la première chose à faire (après avoir alerté) est de vérifier sa respiration. En effet, la position dans laquelle vous allez la mettre découle immédiatement de cet élément. L'on peut alors distinguer divers cas :

  • la personne est consciente (donc respire nécessairement) :

. blessure au niveau de la poitrine : il faut l'asseoir -> relâchement des muscles (pas de pression sur les poumons).

. blessure en dessous de la poitrine : il faut l'allonger sur le dos avec les jambes fléchies.

  • la personne est inconsciente :

. respire : il faut toujours la mettre sur le côté -> par une Position Latérale de Sécurité (PLS) ou une mise de côté.

. ne respire pas : il faut entamer instantanément un massage cardiaque (voir point ci-dessous).


Massage cardiaque et pose du défibrillateur

Lorsque la personne est inconsciente et qu'elle ne respire pas, cela signifie qu'elle est en arrêt cardio-respiratoire. Par conséquent, il faut impérativement "remplacer" l'activité habituelle du coeur en procédant à un massage cardiaque (pour alimenter le cerveau en sang...). A savoir que chaque minute écoulée représente 10% de chance de survie en moins (au bout de 7 min, il y a de très forts risques de séquelles au niveau du cerveau et au bout de 10 min, la personne est décédée).

Etapes :
  • allongez la victime sur une surface dure (déplacez la si jamais elle se trouve sur une plaque métallique, en prévision de l'utilisation du défibrillateur).
  • placez-vous à genoux sur le côté de la victime (vous pouvez mettre son bras entre vos jambes pour être sûr de réaliser le massage dans le bon axe).
  • positionner vos mains l'une sur l'autre, au milieu du thorax, les bras bien tendus (vos épaules doivent être alignées par rapport à son thorax).
  • appuyez sur le thorax avec la partie inférieur de votre paume de main (pas avec les doigts).
  • pratiquez 100 compressions par minute, par séquences de 30 compressions consécutives (si vous savez le faire, réalisez des insufflations après chaque cycle de compressions).

Même si vous avez l'impression que votre geste n'est pas parfait, continuez car mieux vaut un massage cardiaque imprécis qu'inexistant.

  • dès que vous êtes en possession d'un défibrillateur, posez le sur la victime en suivant les indications données par celui-ci (une électrode sur le haut de la poitrine et une autre sur le côté opposé).

Faire un garrot

Avant-propos : la réalisation d'un garrot présente des risques pour la santé de la victime, puisqu'il consiste à bloquer la circulation du sang, pouvant entraîner le mouvement de toxines vers le coeur ou encore mener à des amputations par la suite. Ainsi, il est préférable de privilégier les techniques de compressions manuelles ou des pansements compressifs.

Lorsque la victime présente une plaie ouverte, provoquant une hémorragie, la mise en place d'un garrot a pour objectif de la stopper complètement. Ainsi, cette technique peut s'avérer très utile si plusieurs victimes sont à prendre en charge, évitant d'avoir à faire une compression manuelle sur la blessure de la première victime, nous empêchant de secourir les autres. De plus, il faut savoir que si la plaie contient un corps étranger (morceau de verre...), il ne faut jamais le retirer ! La compression manuelle étant impossible dans ces conditions, le garrot se révèle être le moyen indispensable pour arrêter le saignement abondant.

Aussi, n'oubliez pas de noter l'heure à laquelle vous avez réalisé le garrot, indication qui servira à évaluer le temps total de sa pose (après un certain temps de pose du garrot, le membre n'a pas été alimenté correctement en sang d'où un risque d'amputation fort).

Le garrot doit toujours être positionné au dessus du coude ou du genou (au plus près de l'articulation suivant la position de la plaie), pour la simple raison que nous n'avons qu'un seul os pour le haut au bras (humérus) contre deux à l'avant-bras (radius et cubitus), pareillement pour la jambe (fémur contre tibia et péroné). Par conséquent, si vous faite un garrot en dessous du coude ou du genou, l'artère sera "protégée" par ces deux os, ne pouvant donc arrêter l'hémorragie.


Etapes :
  • faites une boucle avec le lien et placez-la autour du membre.
  • enfilez l'une des extrémités du lien dans la boucle.
  • serrez les liens et faites un noeud entre les 2 extrémités pour maintenir le garrot.

Rappel sur le comportement à adopter en cas d'attaque

"S'échapper, se cacher, alerter"... En cas d'attaque, le premier conseil s'avère être de fuir si les conditions le permettent. N'essayez pas de vous-même de vous interposer aux agresseurs, qui seront bien entendu davantage armés que vous. Se mettre en sécurité, c'est mettre les autres en sécurité. Il faut donc fuir en aidant si possible les autres personnes présentes à quitter les lieux du danger, en les alertant du danger et en les dissuadant de s'y approcher.

Cependant, si la fuite est impossible, il est recommandé de s'enfermer et de se barricader (ou alors de s'abriter derrière un obstacle solide comme un mur). Quoi qu'il en soit, n'oubliez surtout pas d'éteindre la lumière et de mettre votre téléphone sur silencieux (en enlevant le vibreur).

Une fois que vous êtes en sécurité, alertez les secours et les forces de l'ordre en suivant la procédure décrite dans le premier point de cet article.